La Plume du Diplomate
Le quotidien

Noël en expat

Cette année, c’est notre dernier Noël avant la nouvelle vie. Avant CETTE nouvelle vie je devrais dire.

Je réalise mal qu’en fait, l’expat, de mon côté de la famille, c’est une sorte de culture, un truc qui fait partie de la vie sans être plus fifou que ça.

Sachant que j’ai vécu 40 ans entre deux villes limitrophes, ce pseudo constat peut porter à sourire. Oui. Bon. D’accord.

Seulement lorsque j’ai quitté la France pour la province liégeoise, sans rien en connaître… ; si ce n’est UN habitant. Qui n’est même pas LE belge qui a motivé mon cœur à venir. Rien en connaître donc, et pourtant. Voilà, je suis partie, j’ai changé de pays. Sans plus d’appréhension d’expatriation que cela (je ne parle pas des angoisses de déménagements et de changements tout ça tout ça… qui étaient les mêmes que lorsque je changeait de rue. A une échelle un brin différent simplement) Seulement donc, lorsque j’ai quitté la France pour la Belgique, c’était pour moi comme n’importe quel déménagement. Facilité par la proximité géographique et grammaticale oui sans doutes. Il n’empêche.

Mes parents vivaient déjà à plus de 800 bornes de ma ville de naissance et de quasi résidence alors. Ils y vivent toujours en fait d’ailleurs. Ma sœur est partie vivre au Canada il y a des décennies (grands dieux DES décennies oui, je le réalise en l’écrivant) Mon frère a vécu en Italie. Un cousin vient d’atterrir en Angleterre après avoir vécu aux états-Unis. Un couple de cousins y vit encore. Une cousine, petite sœur de cœur et marraine de l’ado, vit en en Corée. Étant plus attachée au moment présent qu’aux passés, à la qualité des relations plutôt qu’à leurs quantités, et au bonheur de savoir l’autre heureux, ma famille essaime ses nids et nous vivons chacun les uns avec les autres sans avoir besoin d’être les uns avec les autres.

Avec des p’tits dans différents coins du monde, même quand il ne s’agissait que des coins de France fût un temps, les Noëls en famille sont devenus de plus en plus complexes à organiser (oui parce que malgré tout, Noël possède ce petit côté rassembleur que l’on aime savoir apprécier parfois) Pour autant nous nous y tenions régulièrement. Comme ces noëls au Canada, le tout premier de ma sœur dans cet appartement de Québec à la terrasse enneigée et au salon qui peinait à tous nous contenir. Puis dans les maisons de Saint Bruno ou de Chambly. Les Noëls dans le Var, dans la maison de mes parents où l’on retrouvait la fratrie et parfois aussi les cousins (les combats de Furbys mémorables quand ils jacassaient tous – ou presque, désolée cousin Franck pour ton muet) Chez mon frère aussi. On essayait de se débrouiller, mais ce n’est pas toujours facile. Cette année on est passé outre. Je n’ai pas eu l’occasion de faire découvrir la Belgique de Noël à ma famille. C’est un poil dur mais l’important n’est pas là. Parfois Noël ce n’est pas se rassembler, c’est savoir que tout le monde est heureux dans son coin du monde et que l’on s’aime et pense les uns aux autres.

Pour autant, mon souhait si je pouvais en avoir un cette année, serait de pouvoir recevoir toute ma famille dans notre nouvelle vie. Un premier Noël en poste (je peux ajouter un logement à la taille adaptée à la liste des souhaits aussi dites éventuellement ?)

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