Premier(s) Diplo-Noël
C’est un sentiment mitigé, quelque peu en demi-teinte, qui habite les mots de cette plume-ci. Je relis mes vœux et souhaits d’avant notre départ. Réunir nos familles dans notre pays d’expatriation pour notre premier noël dans cette nouvelle vie. Comme un pont entre la précédente et celle-ci, comme une légitimation de nos choix ; un premier noël enfin chez moi pour ma famille.
Ça n’aura pas été pour cette année. Différentes raisons, santé, fatigue intense, finances,… nos familles n’ont pu nous rejoindre. A l’exception de mon fils. Nous avons passé ensemble 1 semaine, à visiter Islamabad et à profiter de chaque instant, peut-être l’un de mes plus chouettes cadeaux de noël.
Mais alors sinon, ça se passe comment les noël des diplomates ?
D’un côté vous avez ceux qui profitent de leurs derniers congés de l’année pour rejoindre leurs familles un peu partout dans le monde. Quelque chose me dit cependant que certains postes doivent voir à l’inverse d’ici, pas mal de familles débouler à Noël ; la sexytude des postes vous voyez le concept ? (Frangin on te voit, on sait très bien que si Islamabad était un spot de plongée réputé, on t’y aurais vu à noël, fais don’ pas l’innocent hein :p)
D’un autre vous avez ceux qui profitent de la proximité d’autres pays pour aller les visiter, ici la Thaïlande et Oman ont réunis pas mal de suffrages (inclure ici également ceux qui restent sur place et visitent leur pays d’accueil quand cela est possible)
Et comme une ambassade ne dort jamais vraiment, il vous reste encore une autre part qui reste sur place et travaille. Ce qui fût notre cas. Par choix précisons le tout de même (toujours cette histoire des vœux et souhaits passés, on y croyait quand même encore un peu tu sais…) Ni une ni deux, la maison commence à ressembler à quelque chose, l’ambassade s’est découvert des restes de budget pour les réceptions, même pas peur, on a organisé une réception à la maison, tadaaaaaa.
Le 23 décembre donc, housewarming et christmas party chez nous. Je n’ai jamais vu autant de monde dans une maison que j’habitais. Y compris du personnel pour le service et la préparation des apéritifs. Je déboulais une fois de plus dans un monde totalement nouveau. Le personnel ici coûte tellement peu cher que c’en serait limite indécent de n’embaucher personne pour ce genre de réception. C’est à la fois une aide bien précieuse pour nous et un minimum de retour envers le pays qui nous accueille et sa population.
24 décembre, 2e acte. Un collègue sud américain nous a invité à une réception dans la résidence de son ambassadeur. Un joyeux mélange de différents diplomates, politiques et consulaires, d’ambassadeurs et d’industriels pakistanais, se mêlant également à des artistes locaux. Je commence à sonner blasée, et j’entends dans mes mots à venir ceux de nos collègues et amis lorsque l’on s’apprêtait pour rejoindre cette nouvelle vie et les fameuses « soirées Ferrero » mais il faut savoir être honnête : toutes ces soirées finissent par se ressembler. Aussi agréables soient-elles, le décorum, l’enchaînement des différentes parties de la soirée, les visages, la nourriture… c’est un bal permanent qui se danse de chez l’un à l’autre. La communauté d’expat et de diplomates ici est très soudée et dans l’ensemble très agréable. En quelques mois nous avons nourri et chéri déjà plusieurs relations amicales, rendant ce bal moins monotone. Il n’en reste pas moins que les soirées finissent par beaucoup se ressembler. Celle du 24 n’aura pas fait exception. Il était cependant fort agréable d’être ainsi entourés, accueillis avec un sourire aussi grand que les bras de notre hôte (sourire qu’il porte en permanence, aussi chaleureux qu’honnête, et ça….ça c’est un cadeau aussi en soit ^^) et de trinquer avec nombre d’exilés comme nous, perdus dans les fêtes de fin d’années à des milliers de kilomètres de nos terres natales pour plus de la moitié d’entre nous ce soir là.
25 décembre. Pas de repos pour les braves. Ah si, les ambassades sont fermées. Mais donc les festivités continuent. Un excellent ami à nous (foutue vie d’expat qui voit se tisser des amitiés terribles avant d’apprendre le départ de l’autre pour dans moins d’un an) fête son anniversaire ce jour là. Une journée entière à voir des amis passer, se poser, nouer de nouvelles amitiés. Une journée, un plateau de fromages et des gâteaux magnifiques. De la simplicité, sans décorum et beaucoup de rires sous le soleil d’hiver du Pakistan avec toujours un peu de noël en arrière plan.
Mon fils nous a rejoint plus tard, c’était un noël de nouvel an pour nous cette fois, et une semaine pleine de tendresses à sa suite.
Islamabad pour cette période s’est vidée quelques peu de ses expats. Le noyau resté sur place a tout de même réussi à en faire un moment de joies et de partages. La ville ne s’est pas parée à l’européenne de milliers de loupiottes et de sapins, certains quartiers et maisons ont donné le change quand même, de même qu’un marché sur lequel j’ai pu trouver quelques déco vieillottes partageant le stand avec des œufs et des lapins de Pâques (je ne cherche même plus à comprendre)
