La Plume du Diplomate
Le quotidien

Adaptabilité – new mantra

  • « Tu vas où toi ce matin ? »
  • « Ah, j’ai un meeting à l’Ambassade Machin-Chouette. Et toi ? »
  • « Damit. J’ai un meeting aussi. A la résidence de l’Ambassadeur Machin-Bidule »

Et nous voilà donc partis dans des tractations et organisation afin d’être chacun à l’heure, partageant la même voiture et le même chauffeur, mais de fait donc, pas le même emploi du temps. Difficile d’ailleurs de s’organiser, lorsque l’on court déjà un peu chacun (surtout lui) partout et que l’un des deux (lui encore) ne peux pas partager son emploi du temps (question de sécurité, j’entends. Mais ce n’est pas comme si sa sécurité ne me concernait aussi quelque peu, non ?) Je vois mon mari occupé sur nos agendas quasi partagés, mais impossible de savoir si cela se passe au sein de l’Ambassade ou en extérieur. Cela force à la communication me direz-vous.

Bref, nous voilà ce matin, à gérer nos itinéraires, y intégrant aussi les courses à faire avant midi si on veut pouvoir avoir un truc à se mettre sous la dent ledit midi (je vous entends les « oui ça va, les restaurants ça existe aussi hein ! » à quoi je répondrais « oui bah pardon, mais si j’ai mis toute ma confiance et celle de nos estomacs dans la personne de notre cuisiner, c’est aussi un peu pour pouvoir en profiter non ? » Bref, j’ai un cuisinier, ça m’aura pris le temps de m’y habituer, maintenant j’en profite. Na) et ce avec des inconnues du genre « ah oui mais du coup, toi, tu finis à quelle heure ton meeting ? »

Evidemment que l’on aura fini en même temps (on aurait parié dessus que jamais on l’aurait cru tu sais), évidemment que je place nos priorités sur les plannings de mon Diplomate et Epoux et que de fait, si je dois poireauter 30 minutes sur un parking, je le ferais. De nous deux, celle qui a le plus de temps à perdre à attendre, c’est bien définitivement moi.
Heureusement que je n’étais pas seule à mon meeting à moi (c’est le principe des meetings me direz-vous. Anglophones in da place, si tu « meet » personne, tu n’est pas dans un « meeting ». Voilà) J’ai donc embarqué dans la voiture d’une copine. Le monde, ce monde, est tellement petit, que nos chauffeurs se connaissent quasi tous. A la question « rappelle moi où tu vis déjà, pour te déposer chez toi ça peut-être pratique haha », je n’ai pas eu le temps de répondre que le chauffeur de mon amie répondait pour moi « on est déjà en route Madame, ne vous inquiétez pas, je connais le chemin (et la maison de fait) » Mon chauffeur et le sien se connaissent depuis des décennies, et ont tous deux une mémoire de la ville quasi inhumaine. Là où je peine à retenir les adresses, il suffit que je dise à mon chauffeur  » Tu sais, là, la maison des allemands, où on a été y’a 6 mois de ça…zut j’ai plus l’adresse », que sans avoir eu le temps de terminer ma phrase, je m’y retrouve déjà. Ce mec est un magicien (oui, j’adore mon chauffeur. Non pas pour le côté « T’as vu j’ai un chauffeur ?! », mais pour sa personnalité et son professionnalisme.)

Bref, tout est question de timing et de plannings. Ma liberté ici se conditionne a beaucoup d’impératifs, que je partage avec plaisir, parfois, grincements de dents d’autres fois. Mais toujours l’on s’adapte. Ce qui je crois, est le propre de chaque famille de diplomate.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *