Tic Tac…
…à chaque jour son nouveau « tic tac ».
Maintenant que l’on sait où l’on part vivre à partir de l’été prochain, notre nouvelle destination tout ça tout ça, chaque jour nous rappelle qu’on s’en rapproche tout en nous rappelant aussi que l’on ne sait jamais vraiment rien, tant qu’on y est pas. Donc proche oui, mais si loin aussi.
J’avance doucement, chaque jour, sur notre inventaire que j’essaye de peaufiner au mieux. Alors oui, je prends mon temps, beaucoup de temps, mais je préfère faire ça une bonne fois pour quasie toute, plutôt que le faire à l’arrache à chaque nouveau départ. L’inventaire c’est lister les meubles (facile), les vêtements (ça commence à se compliquer), les livres (est-il besoin de préciser que nous adorons la lecture) et chaque petit bibelot, cuillère à café et multiprises qui composent notre vie et nos maisons ( … Oyez la complainte de Sisyphe) C’est aussi y adjoindre une valeur qui ne soit pas sentimentale et que les assurances valideront. C’est faire le tour de ta maison, pièce par pièce, tiroir après tiroir et maudire autant que tu chéris chacun des objets que tu listes. C’est un travail sans fin pour des expat comme nous pas vraiment habitués à la vie de par le monde. Ce n’est « que » notre deuxième expatriation (à deux) et nous avons chacun, avouons-le, un parfait syndrome d’attachement à ces 1000 et 1 petites choses qui racontent chacune 1000 et 1 morceaux de nos vies respectives et communes. C’est un choix que l’on assume plutôt bien. Jusqu’au moment des inventaires.
Nous sommes en mars, le déménagement est prévu aux alentours du mois de juillet. Et la société de déménagement nous a déjà contacté pour un premier tour de la maison (y vont pas être déçus)
Nous avons droit à un certain cubage pour le container qui déménagera nos biens. Et l’entreprise chargée du déménagement doit faire une estimation. Tout cubage supplémentaire sera à notre charge. Et les entreprises de déménagement s’ennuient rarement à optimiser l’espace. Les meubles par exemple ne sont pas démontés. J’hésite à ce sujet, à acheter un bol de popcorn pour les regarder tenter de sortir de notre chambre notre lit made in Pakistan, faisant le poids d’un mamouthon mort et la taille dudit même mamouthon. Mais vu que je tiens audit lit, j’envisage plutôt de le démonter par moi-même le jour du déménagement.
J’ai vu des containers de collègues, arriver à bon port avec un surplus de moisissures. Une bonne partie de nos vêtements sera par conséquent emballée dans des housses plastiques.
Quant aux objets fragiles, on nous précise « n’emballez rien par vous-même ou l’assurance ne les couvrira pas » Bah c’est à dire qu’entre se faire rembourser un truc mal emballé et donc pété ou le récupérer indemne, pardon mais mon choix est vite fait. On se souviendra à ce sujet de l’écran d’ordinateur mis dans un carton, seul, sur la tranche, avec une pauvre épaisseur de papier bulle en haut et en bas du carton, ainsi qu’entre l’écran lui-même et … la pointe de son pied plantée en plein milieu d’icelui. Étonnamment l’écran ne s’allume plus qu’autour d’une magnifique tâche étoilée, correspondant pile poil à l’endroit où se situait le pied dans le carton. Ah, et pour parfaire le tout, le bord qui était couché sur le fond du carton s’étoile également façon Matrix mais en moins efficace.
Alors oui, je perds et vais continuer à perdre un temps fou avec ça, mais c’est un choix que nous faisons bien volontiers.
Aux tics et aux tacs des délais qui se rapprochent, s’ajoutent ceux du temps qui passe et que l’on y passe, à préparer au mieux tous ces délais.
