Mes recettes ratées – La Tarte aux pommes d’Islamabad
Bilan de ma première « recette ratée » du Pakistan…
« Et bah elle est moche mais elle est bonne en vrai. »

You will need :
- un mélange de farines sans gluten destiné à faire des pains plats d’une marque inconnue sauf peut-être localement mais même pas sûr (en même temps ça ne fait qu’une semaine et demie que tu es là donc les trucs connus restent encore d’obscures inconnues à ton œil non expert)
- du beurre pakistanais (Aka je sais pas comment ils font mais le beurre y’est gras comme deux beurres)
- de la cannelle en bâton et du sucre roux
- des pommes du supermarché que plus jamais tu ne te feras avoir parce qu’elles sont farineuses à souhaits (et puis de toutes façons le gars du p’tit marché du coin il te les offre quand tu lui prends deux bananes donc bon…)
- des oeufs OMEGA 3 (Je ne sais pas ce qu’elles ont leurs poules, mais leurs œufs ont des spécificités étranges des fois quand même)
- de l’eau (en bouteille parce que celle du robinet elle est à peine bonne pour te laver les mains ici tu sais )
- une seule casserole (parce que tu fais avec les moyens du bord oui)
- tes mains pleines de doigts (propres)
- une fourchette en guise de fouet (moyens du bord tout ça tout ça)
- un four sans mode d’emploi (de toutes façons il serait en urdu ça ne t’aiderait pas beaucoup plus)
- et le plat à tarte de la résidence de l’Ambassadeur de Belgique bien évidemment (moyens du bord et dépannages en tous genre « Oui Allo Sophie, tu ne devineras jamais…oui c’est ça, mon envie de tarte aux pommes haha…Bah je suis en pleine recette et je viens de me rendre compte que j’ai pas de plat à tarte en fait. Tu saurais pas me dépanner à tout hasard ? » Ni une ni deux, le cuisinier de la résidence mettait de côté un plat à tarte de la taille idéale et tu passais le récupérer dans la foulée. Le réseautage chez les Diplomates ce n’est pas qu’une légende t’as vu)
Tu fais une pâte à tarte comme tu peux, en essayant qu’elle ne grumeaute pas de trop. De toutes façons quand tu la passeras au four, le beurre est tellement gras que ta pâte fera des bulles : Beurre + eau + farine (+sel, mais ça c’était une erreur. Une vraie je veux dire ) hop à la casserole, feu comme tu veux mais faut pas faire cramer le biniou. Fourchette pour mélanger, et torchon humide pour pas te brûler avec la poignée de cette fichue casserole en métal (trop tard pour ma part, mais te voilà au moins prévenu toi)
Tu épluches tes pommes en prenant garde de bien nettoyer tes mains et ton économe régulièrement sinon ça ne sert à rien de les éplucher t’sais (on a un éconooooooome !!! – cadeau des collègues sur place dans un petit package de vaisselle improvisé avec leur départ -)
Tu fais griller, dans ta casserole dont tu as vidé le contenu précédent, tes pommes en tranches dans du beurre bien gras avec du sucre roux que tu as été trouver avec ta cannelle en revenant d’aller chercher ton plat à tarte. Tu tentes de ne pas trop faire cramer cette unique casserole achetée l’un des premiers soirs de ton arrivée ici.
Tu étales tant bien que mal ta pâte dans le fond du plat à tarte. D’une part parce que tu n’as rien pour l’étaler si ce n’est tes petits paluches, d’autre part parce qu’ayant totalement improvisé ladite pâte avec des ingrédients que tu ne maîtrises pas vraiment, celle-ci ne se tient pas super super bien (de toutes façons tu n’as jamais maîtrisé une pâte donc bon…)
Tu te rappelles que tu as de la cannelle (et tu penses à goûter ta pâte qui goûte le sel a foison, oupsy)
En joie tu vas pour ajouter de la cannelle et du sucre dans ta pâte et tu te rappelles soudain que tu n’as rien pour réduire ta cannelle en poudre (parce que tu as des principes et que tu préfères acheter ta cannelle en bâton depuis toujours… Ça marche bien quand tu as un pilon. Ça marche moins bien avec une fourchette, sachoies le)
Tant pis. On se cassera une dent au pire sur la cannelle ; il paraît que Wendy de l’Ambassade de France possède les coordonnées d’un super dentiste ici.
Tu fais préchauffer ta pâte. Qui fait des bulles de gras dans ton four une fois que tu as réussi à faire marcher le biniou (à deux sur les boutons pendant 15bonnes minutes. Je ne suis même pas sûre d’être capable de le remettre en marche toute seule encore)
Tu tentes de faire une crème façon « ma grand mère » avec ce que tu as sous la main ; y compris la farine bizarre qui grumeaute beaucoup et sans réelle raison (le reste c’est du lait, du beurre, un œuf éventuellement…ce que tu as sous la main que j’te dis). Tu bazardes tes pommes sur le cadavre de ta pâte qui ne ressemble plus à rien. Tu bazardes ensuite l’espèce de crème grumeautée et te rends compte qu’en plus il n’y en a même pas assez.
Tu rajoutes un œuf et du lait au pif, par dessus le tout. Tu parsèmes de morceaux de cannelle plus ou moins gros.
Tu poses ça dans le four à 160° pendant 20 minutes. Tu croiseras les doigts ensuite, parce que pendant la mise au four, ça fait désordre, et ce n’est pas pratique.
Ah, et tu balances enfin une poignée de sucre roux sur la tarte encore chaude, en n’espérant même plus camoufler le massacre. Juste en finir parce qu’il est quasi 22h et que tu es rincée de ta journée.
Bon appétit !

