Mes recettes ratées – Les crêpquicol de Bangkok
Tu débarques dans une nouvelle ville, tu prends tes marques en repérant déjà un supermarché dans lequel tu arrives à trouver quelques uns de tes basiques tout en en créant de nouveaux.
Cela fait quelques semaines à peine que tu t’essayes de nouveau à la cuisine (après deux ans d’un cuisinier à domicile au Pakistan). Tu t’es concentrée jusqu’ici sur les essentiels. Mais là de suite, tu as envie de crêpes.
C’est tout sauf raisonnable.
D’abord t’es sensible au gluten (pas d’allergies, juste une sensibilité qui se traduit quand même par des douleurs inflammatoires grandissantes, un brouillard intellectuel frôlant parfois le taux de concentration d’un enfant de 3 ans, une tendance à gonfler comme une petite baudruche toute mignonne, mais gonflée quand même, etc… Bref, si je peux, j’évite. Et surtout je tente de faire des cures 0 de chez 0, afin de nettoyer un peu la bête dès que je peux)
Ensuite t’es en plein challenge « yeah, nouvelle vie, ville, renouveau de mon corps wouhouhouuuu » et ça inclut le gluten mais aussi tous les ptits kilos en surplus que le Pakistan a insidieusement ajoutés à la liste de ceux déjà présents.
Mais quand même, t’as cette envie qui te trotte dans la tête.
T’as juste pas envie de tester les locales, parce que t’es d’abord dans un vent de créativité culinaire que tu voudrais pas voir s’éteindre trop vite. Et ensuite parce que le local ici a une fâcheuse tendance à sucrer à mort le moindre truc. Oui. Tout.
Mais donc bref. Tu fais les allées de ton supermarché devenu favori en moins de deux semaines (parce que c’est le plus proche et…et puis voilà) et sans même le comprendre tu identifies une farine que tu ne connaissais pas jusque là. Pif paf pouf, c’est écrit en français, ceci explique cela du pourquoi comment tu l’identifies aussi rapidement. Si il y a UN mot écrit en français dans un texte de 15 pages en tout autre langue, ton œil de natif va le spotter de suite. Enfin je sais pas si c’est pareil pour tout le monde, mais moi mon œil il marche comme ça.
Farine de riz gluant.
Je ne sais toujours pas pourquoi c’est écrit en français, en soit c’est un détail.
Mais donc ça me questionne, ça m’interroge. En plus ça a pas mal la même allure que la farine de blé usuelle. Se pourrait-il que… 3 recherches plus tard sur internet, la farine était dans mon panier, direction mes premières crêpes en Thaïlande, woupwoup.
La recette ça donne un truc du genre :
(recette originale, trouvée ici)
- 300g de farine de riz gluant
- 500ml de lait de coco (tu mets du lait autre, végétal ou animal comme tu veux, si tu veux…mais le lait de coco c’est quand même beaucoup plus meilleur en vrai)*
- 2 œufs
- 1 cuillère à soupe de sucre de coco (pareil tu mets le sucre que tu veux, mais encore une fois…non je ne fais pas une fixette sur la coco. Quoique…)
- Une pincée de sel
- du beurre, genre une cuillère à soupe ( et puis aussi un peu plus pour la cuisson. Celui là il va dans la pâte directement. Bref, t’as compris, on fait des crêpes, on va les faire cuire, le beurre – ou l’huile- dans la poêle, c’est bien pour pas que ça accroche toi même tu sais)
Alors ui, t’as vu c’est pas les mêmes quantités que sur la recette de base (en même temps le but ici c’est pas juste de te balancer des liens de recettes. Je suis pas pinterest hein) Déjà parce que la recette de base c’est pour genre 10 crêpes. Qui fait juste 10 crêpes en fait ?! Ensuite, les proportions sont à peu près gardées je te ferais dire quand même. Je multiplie juste pas le sucre notamment, parce que le but des crêpes, c’est de mettre du sucre ensuite dessus donc bon…
La suite elle est simple hein. Tu mélanges tout ça en commençant par la farine, le sucre, le sel. Tu ajoutes peu à peu le lait et tu preeeeeends ton temps, tu mélanges bien fort au fouet à la main, petit à petit pour éviter les vilains grumeaux (ou tu fais faire ça à ton robot si contrairement à moi, le tien n’est pas au fond d’un containeur en attendant de te rejoindre dans ta nouvelle cuisine) On ajoute les œufs puis le beurre. On prend un bouquin et on laisse la pâte réfléchir au sens de sa vie pendant quelques chapitres (une heure c’est bien)
Et on colle le tout à la poêle à feu moyen après avoir huilée ou beurré (légèrement hein, allez pas noyer votre future crêpe non plus) ladite poêle. Enfin « on colle le tout », je vous vois venir bande barbares : videz pas votre pâte en une fois oh ! Un fond de louche selon la taille de la poêle suffit, on laisse dorer de chaque côté, on mange la première sans s’en cacher, parce que la première est toujours ratée. On peut remettre ça avec la deuxième aussi, histoire d’être sûre – sûr de quoi je ne sais pas, mais vaut quand même mieux toujours vérifier nan ?-
Alors pourquoi ce nom bizarre au fait ?
Aussi bonnes soient-elles ces fameuses crêpes, elles ont une fâcheuse tendance à coller…ça ne gâche rien au goût, c’est juste surprenant et un peu galère quand elles refroidissent faut bien l’avouer. Meilleure solution : les manger encore chaudes :p (ça va elles se réchauffent bien au micro-onde aussi si y faut)
*next step : tester l’infusion de feuilles de pandan dans le lait avant de l’incorporer à la recette. Oui, fixette coco ET pandan depuis que j’ai découvert ce truc en Thaïlande, YUMMI
