« Je ne fais pas les visas »
« Ah, vous travaillez à l’Ambassade ?… »
Lorsque cette question s’accompagne de ces ponctuations, bien souvent, va s’en suivre une seconde. Quasi invariablement liée aux visas et à leur obtention.1
C’est déjà lourd quand toi-même tu y travailles (à l’Ambassade) effectivement ; d’autant plus délicat également lorsque tu exerces dans la section qui gère lesdits visas (aka consulaire).
Il est plus facile d’éluder toutes questions lorsque la réponse qui s’ensuit est « oui effectivement, mais je ne travaille pas sur les visas » Cela n’empêchera bien souvent pas les demandes cependant.
Ainsi il est courant pour mon époux, bien que travaillant en tant qu’attaché politique (aka « qui n’a RIEN à voir avec les demandes de visas ». Quoique… parfois avoir des contacts semble faire croire que l’on peut tout obtenir. Alors oui sans doutes, bien que n’en ayant jamais été témoins. Mais pas sans remplir auparavant le formulaire machin chouette ni sans passer par la case départ. Ah mais)…donc il est ainsi courant pour notre Diplomate de se voir quémander une aide, voir même carrément un visa, aller hop soyons fous.
D’aucun mettent à jour leur profil linkedin afin de clarifier de suite les choses (cf photo d’illustration). J’hésite à faire broder des patch pour les porter avec les pins-drapeaux (les petits pense-bête des ambassade pour te rappeler qui bosse chez qui. Fort utiles. Quand tu connais ta vexillologie – j’ai été chercher sur internet oui, c’est la science/l’étude des drapeaux. De rien-merci-bonsoir)
Relations directes mises à part, la question des visas arrive aussi au moment où tu l’attends le moins. Enfin avec l’expérience à vrai dire, selon les pays, elle finit par venir à ces moments là mais maintenant tu les attends en ruminant. Tu SAIS que le gars il va attendre 22h30 un vendredi soir, pour appeler sur le téléphone d’urgence afin de savoir où en est sa demande de visa. Un classique. Au point que la réponse finit par fuser d’elle-même. Je pourrais sans doutes la répéter à l’envie bien qu’inconsciemment, dans un magnifique réflexe de Pavlov si j’avais moi-même à répondre à ce téléphone de garde.
(pro tips : non, 22h30 et le téléphone de garde /d’urgence, ce n’est pas un combo idéal pour poser des questions d’ordre administratif qui peuvent très bien attendre l’ouverture prochaine des services concernés. Détail, qui a son importance crois le ou non, mais un Diplomate, celui qui est au bout du fil quand tu as un cas urgent, il a aussi une vie, privée, et de famille. Qu’il met de côté pour savoir répondre à l’urgence. Bref, une demande de visa, ce n’est pas une urgence.)
Et enfin, non contente d’être adressée au « mauvais service », la question arrive même parfois jusqu’à toi, partenaire de ton état, même pas belge encore (le Ministère bosse sur la question) et qui officiellement n’y entrave que dalle à la gestion administrative de ces machins là. C’est ainsi que sorti de nulle part, je recevais un message de notre électricien. Le gars bosse bien, est droit, dynamique, toujours poli….rien à redire. Sauf un jeudi à 21h quand il m’envoie à moi un message, me demandant si j’allais bien… et si je pouvais l’aider pour obtenir un visa pour son cousin.
En soit, ça ne coûte rien d’essayer. Sauf un peu d’usage de nerfs déjà mis fort à vif par tant d’autres « ça ne coûte rien… »2
- Je parle ici des postes qui délivrent effectivement des visas. Je doute que les collègues postés dans l’Union Européenne aient souvent à faire à cette suite de question. Quoique l’on puisse être surpris parfois. Peut-être ont-ils à faire avec d’autres demandes tout aussi insistantes et encombrantes. Hâte de le découvrir dans un prochain poste qui sait 😉 ↩︎
- On est toujours ravis d’aider quand on le peux. Donner des renseignements, faciliter la compréhension administrative d’une démarche ou d’un document. Là n’est pas la question en fait 😉 ↩︎

