La Plume du Diplomate
DiploTipsLe quotidien

Relations diplomatiques et tics

Dans ma nouvelle vie pleine de nouveaux défis, il y en a un qui préoccupe beaucoup nos proches : « Et La Plume, elle occupe comment ses journées ?? Elle s’ennuie pas trop ? » (slash un « la pauvre », souvent empli d’une compassion parfois voilée d’envie – je vous vois les gens qui n’aimez pas votre boulot hein. Moi aussi j’en ai bavé avant que l’on ne m’offre cette opportunité promis-) 

Donc, oui alors, donc … s’occuper.

Des occupations il y en à la pelle. Je reviendrais peut-être sur cette liste à la belge plus tard. Parmis celles-ci, je découvre des choses, comme le Pilates (Maman je t’entends rire d’ici ! – ceux qui savent …savent. Et ma mère sait. D’aucun diront qu’elle me connaît « comme si elle m’avait fait » – ce qui est d’autant plus drôle que c’est bel et bien le cas je précise)

Moi le sport, je n’aime pas ça. Enfin si, j’aime beaucoup ; mais je suis rarement au courant. Il y a comme un fossé la plupart du temps entre ma motivation et cet « amour ».

La majeure partie du temps, le seul sport à peu près acceptable pour moi (et les autres), c’est la natation. Je suis seule dans ma bulle, l’eau soutient mes efforts en étouffant le cri de mes muscles malmenés. Et quand bien même je râlerais de douleur, personne ne m’entendra sous l’eau. (oui j’aime râler, je suis française. Je suis aussi capricorne. Mais je ne vois pas le rapport)

Le Pilates donc (j’aime râler ET digresser ‘voyez). Au détour d’une conversation avec des collègues partenaires d’expat (réunies que nous sommes sous la bannière de la formidable association IFWA) j’apprends que l’une d’elle, Di., organise des sessions de cours de Pilates pour les débutants tout bientôt. 6 cours, répartis sur 3 semaines pour quelques dizaines d’euros. Je l’aime beaucoup Di., j’ai confiance en elle, je me dis « aller pourquoi pas, ça coûte quoi d’essayer ? Et puis le Pilates, c’est une suite logique au yoga que je tente vainement de me motiver à pratiquer avec plus ou moins de régularité et d’élégance non ? »

Je m’inscris donc.
Roulements de tambours.

Et là c’est le premier choc.
Les cours ont lieu le matin. LE MATIN ! (ah oui, je suis capricorne donc. Et pas du matin.) C’est déjà dur en soit.

Ensuite cela se passe en groupe.
Alors oui c’est pratique si tu crois pouvoir te planquer pour esquiver un ou deux exercices pendant que la prof a le dos tourné (en vrai ça n’arrive jamais. Di. a les yeux partout, surtout sur toi maintenant qu’elle sait que ta motivation ne suffira pas à te tenir éloignée de la tentation de finir ta nuit sur ton tapis d’exercice). Mais j’ai toujours besoin d’un peu de temps pour m’intégrer dans des groupes, quels qu’ils soient. D’autant plus quand le reste du groupe est ravi de se lever le matin pour aller suer et souffrir sur des tapis alors que toi tu te demandes encore par quel miracle le réveil est parvenu à te faire sortir du lit. Qui plus est pour aller suer et souffrir sur des tapis.

Et enfin, le Pilates, bah c’est pas de la gnognote en vrai (promis). Alors oui, c’est souvent « doux » (sauf quand Di. elle dit « aller hop, on enchaine les 100 ! », dans ma tête et mes abdos c’est pas doux du tout), on n’est pas sur de la performance et chacun ici va son rythme. N’empêche que j’en bave (remember : moi et le sport, tout ça tout ça…) Et donc je râle. Et Di. encore une fois je l’apprécie beaucoup. Alors je râle d’autant plus, parce qu’on en plaisante et que ça m’aide à continuer oui. « Oui La Plume, je sais tu me détestes. Enormément. Je sais oui. Mais donc ça veut dire que je fais bien mon boulot, je suis contente » Et moi de râler que je suis en train de crever, que j’étais bien mieux dans mon lit, et Di. d’en prendre plein son grade (toujours avec le sourire je précise)

Je ressors de là toujours fière de moi. Vannée, cassée, mais heureuse. Partageant avec Di. autant d’insultes que d’encouragements et surtout de remerciements. Tellement heureuse que j’ai même signé pour une deuxième session tiens.

Et les relations diplomatiques dans tout ça me direz-vous ?

Hier, mon diplomate de futur mari (ça s’en vient sisi) m’envoie une invitation. La saison des « National day parties » reprend du service.

Nous sommes donc cordialement invités par « Son Excellence l’Ambassadeur de XXX et son Epouse… »

« Mon chéri ?…tu te souviens cette dame que je vais voir deux fois par semaine le matin -très tôt, avant 9h oui- pour faire du Pilates et que j’insulte chaque fois passablement, que ça en est devenu notre jeu favori pour s’encourager ? Oui tu vois… ? Bah devines quoi… »

Dans quelques jours, mon Diplomate va donc rencontrer ma prof de Pilates (unique et préférée) dans la résidence de son ambassade. SA résidence donc. Voilà voilà.

Escapade au pays d…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *