De l’importance du réseau
A la lecture du titre, d’aucun se dirait « Bah ui, la Diplomatie c’est la politique tout ça tout ça. Ces milieux interconnectés, qui ne fonctionnent que par le réseautage et les contacts de chacun » Comme si ça ne fonctionnait pas de même de partout. Avoir des contacts, c’est utile partout. Pas nécessaire ou vital (la plupart du temps), mais bien pratique quand même non ?
Ici j’ai envie de parler de l’importance du réseau pour moi, Plume et partenaire dudit diplomate. Je ne travaille pas ici. Nous avons fait le choix pour ce premier poste, qui plus est dans un pays comme le Pakistan, de mettre de côté ma carrière professionnelle afin de mieux appréhender celle qui nous attendait : la carrière diplomatique dans son ensemble (lui et moi) et puis aussi celle d’une nouvelle vie, à deux, et « ailleurs ». Je n’ai donc pas de réseau professionnel, pas de contacts quotidiens avec un « extérieur de nous ». Bien qu’étant un petit animal qui se défini volontiers comme asocial (j’en rigole moi-même), avoir un réseau à soi et des contacts au-dehors c’est quasi vital pour tout un chacun, moi y compris.
La bonne chose ici à Islamabad, c’est que les communautés expat et diplo sont très soudées. Il y a peu d’expat au Pakistan, la plupart sont concentrés sur Islamabad. C’est quasi tout naturellement qu’ils se regroupent, s’attendent, s’épaulent. Cette communauté est importante tout en étant minuscule. Ainsi tout le monde quasiment se connaît. A l’instar des familles pakistanaises, où tout le monde connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un, les expat au Pakistan ne font pas exception.
Mon réseau à moi il s’est très vite construit, en grande partie grâce à cette communauté. En deux jours je croisais mon premier compatriote français. En 3 jours j’avais déjà noué une amitié forte avec un couple d’espagnols toujours aussi chers à mon cœur encore aujourd’hui. En une semaine j’avais été introduite au sein de l’association des partenaires d’expat du coin : IFWA. De tous mes contacts, l’association est celui qui me rattache le plus à moi-même. J’y fait mes propres rencontres, même si elles sont souvent toutes en lien avec les propres contacts de Laurent, ici je suis moi, et lui mon partenaire. Cela marque une réelle différence dans les interactions mine de rien.
C’est par le biais d’Ifwa que j’ai trouvé mon dentiste (j’en ai bavé, mais ce sont peut-être les meilleurs soins dentaires que je n’ai jamais eu de ma vie). Ifwa encore qui m’a fait visiter des endroits auxquels je ne pensais même pas. Ifwa qui rythme mes semaines avec les activités que l’on partage. Ifwa qui me donne un semblant de travail (web designer. Même si j’ai plus l’impression d’être un agent d’entretien qu’un designer en soit) Ifwa qui m’a offert quelques moments délicieux, comme le fait de faire rencontrer des gens à mon mari, moi, dans le milieu des ambassades, moi oui, qui ne suit « que » partenaire (il n’y a pas de petites victoires haha)
Une « collègue » partageait il y a un peu plus de deux ans une story instagram disant en substance : « Accepte chaque opportunité, crée des contacts, entretiens lesdits contacts. Et si tu n’aimes pas le café, tu apprendras vite à l’aimer. » Cela souligne l’importance du ici et maintenant, l’immédiateté. Nous sommes en poste dans un pays pour une période plus ou moins courte, 4 ans maximum. C’est long, cela laisse le temps de se créer des habitudes et de faire de ces endroits un peu les nôtres. Mais cela reste une Expatriation à Durée Déterminée. Une sorte de CDD avec notre pays hôte. Et les rencontres que nous allons y faire dépendent un peu du même contrat. Les amis chez qui j’aimais passer des soirées pizzas au bout de la rue vivent maintenant sur un autre continent. Cela rend ces soirées improvisées forcément plus complexes à mettre en place (pour ne pas dire impossible) Cela signifie donc que chaque opportunité doit être saisie, y compris le simple fait d’aller boire un café. Dans une vie parfois bien (trop) remplie, garder un espace de liberté et du temps pour se ressourcer est plus que nécessaire. Le faire combiner avec cette immédiateté, ce sentiment de ne devoir rater aucune opportunité, est une gymnastique parfois épuisante. Là aussi le réseau est d’une grande aide : parce que nous sommes tous pareil, et que c’est ensemble que nous pouvons le mieux prendre soin les uns des autres.
