Se défaire des habitudes, en créer de nouvelles. Réapprendre à vivre différemment. Encore et encore.
Il est 17h15, je zigzague dans les allées d’un supermarché que je fais miennes au jour le jour, en me demandant « c’est quoi ça ? », « ça se mange vraisemblablement, on se tente un truc à base de ça pour ce soir ? ». Et je reçois son message. Il rentre tout vite à la maison (je suis joie !), ah oui, déjà 17h et… Hey mais attends… panique en dedans… ça grimpe, ça s’agrippe et ça flash dans mon cerveau : « je dois rentrer MAINTENANT moi du coup ! »
Avant que ladite panique n’ai réellement le temps de s’imprimer à mon corps, me faisant déguerpir au plus vite et arriver le souffle court jusqu’à notre hôtel, je réalise soudain.
« Nan mais en fait, zen oh ! Ça fait quoi en vrai si tu n’es pas à la maison quand il rentre ? C’est quoi ton soucis là dis ? »
Bah rien en fait. Ça ne fait rien, y’a pas de soucis, nada.
« Alors pourquoi je réagis comme ça dis ? » (ça parle beaucoup dans ma tête à ce moment là oui)
Et là tu réalises (encore) que tu as juste été comme formatée par deux ans de vie en tant que partenaire de diplomate au Pakistan. Avec un seul chauffeur pour nous deux (non mais tu imagines ça dis ?! Et une seule voiture aussi. Non mais vraiment… Ironie tout ça tout ça – je précise pour les grincheux. Même moi je ne suis pas sûre de me remettre un jour de cette phrase : « Maman, tiens toi bien, j’ai un chauffeur ») Et que du coup, bah « je vais bientôt rentrer », durant ces deux années là, ça signifiait surtout « j’ai besoin de la voiture (et du chauffeur qui va avec tant qu’à faire) » Donc si à ce moment là j’étais en vadrouille – peu importe la raison -, j’étais bonne pour soit organiser le rapatriement de mon époux façon « ah oui t’es sûr ? aheum…parce que…tu vois là… je…euh… Tu sais rentrer autrement sinon ? », soit déguerpir en vitesse et rendre disponibles voiture et chauffeur au plus vite. Et moi ma priorité dans cette vie là de « partenaire de… », c’est de tenter de lui faciliter au mieux la sienne, de vie. Particulièrement quand il s’agit de savoir quitter le boulot hein forcément.
Bref. Deux ans de tentatives de conciliations de plannings et de libération de notre moyen de locomotion aux bons horaires et un mini trauma du soir à apprendre à gérer : liberté (c’est ça aussi un hardship t’as vu ? Je n’arrête plus de répéter « liberté » comme si j’en avais été privée tout ce temps. Mais en vrai oui, ça ressemble un peu à ça, et cela peut même parfois être bien pire)
