La Plume du Diplomate
En cuisine avec une épouse de diplomate

« et on mange quoi/où ce soir ? »

Je posais la question ironiquement hier alors que j’attendais mon Diplomate sagement à la maison en postant de l’insta.
Nous avions un événement, une réception à laquelle nous étions invités, mais le temps passait et mon diplomate ne rentrait pas. Je m’apprêtais à partir en quête d’une chose consommable à cuisiner chez nous quand finalement : « Enfile un truc j’arrive dans 15 minutes et on décolle ! »

Branle-bas de combat sur ma garde robe (le choix est vite fait, notre container n’étant toujours pas arrivé ), un pantalon, une chemise ample et une paire de chaussures qui ne sont pas des baskets (cette fois) et on était  parti.

Arrivés avec une heure de retard quasiment, la réception ne nous avait pas attendu. Il s’agissait d’une sorte de cocktail dans la cour d’un grand hotel. Buffets, boissons (y compris alcoolisées – détail en soit, sauf si l’on considère que nous sommes actuellement je le rappelle, basés au Pakistan), bar à thé et une multitude de petits groupes épars.

« Tu connais quelqu’un ? »

« Non. Mais va bien falloir »

Paraît que ça ne se fait pas d’aller direct sur le buffet (de toutes façons je suis trop timide pour tenter l’approche de quoique ce soit d’office) L’oeil expert de mon diplomate d’époux à tôt fait de repérer nos hôtes.

Le jeu est un peu chaque fois le même. Tenter de mettre en pratique nos anglais respectifs, mâtinés de nos accents également respectifs. Parfois découvrir au cours de la conversation que nos interlocuteurs parlent un français parfait. Se désoler de ne savoir leur rendre la pareille (mon cheptel de langues est encore fort limité malheureusement) Même si l’anglais reste une valeur sûre que j’ai eu la chance d’étudier pendant de nombreuses années, je sais la joie de pouvoir échanger dans sa langue natale au milieu de cette valse de nationalités. Bref. On tente le contact et cela nous réussi parfois bien. Le seul problème que nous n’arrivons pas encore a bien gérer, est d’arriver finalement au buffet avant qu’il ne reste plus rien.

La plupart du temps les buffets seront constitués de spécialités locales, adaptées parfois avec plus ou moins de succès aux estomac non pakistanais (comprendre par là : « not to spicy » Plus cela brûle en dedans, meilleur c’est manifestement. Personnellement, une fois le palais en feu je ne goûte plus grand chose pourtant) Certaines fêtes nationales apportent leur lot de spécialités propres ( cette paëlla lors de la réception chez l’Ambassadeur d’Espagne… une si agréable surprise ) mais dans l’ensemble, autour des mêmes plats, souvent les mêmes têtes également. La communauté diplomatique n’est pas petite, notre Ambassade l’est cependant et il y a donc peu d’évènements auxquels nous ne participons pas lorsque la Belgique compte au rang des invités. Nous avons tôt fait alors de retrouver les mêmes visages, comme nous abonnés aux réceptions.
Au Pakistan donc, ces occasions sont tout sauf rares. Il arrive même que plusieurs invitations se chevauchent sur la même soirée : le manque d’opportunités de divertissements, la quasi impossibilité de sortir de la ville en elle-même, la communauté diplomatique très soudée ici (en partie pour les raisons citées ci-avant)…C’est donc parfois le jour même que l’on apprend ou se décidons pour un dîner/buffet au dehors de la maison.

Alors le quoi et le où, la réponse est bien souvent : « On saura quand y sera. Où donc ? On saura quand…on saura »

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